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Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Mer Méditerranée Convertir en PDF Imprimer Envoyer à un ami

Introduction

La Méditerranée dont la superficie ne représente que 0,7 % de la surface des eaux marines de la planète, se caractérise par une diversité spécifique relativement importante ; ceci est particulièrement vrai pour les espèces de végétation marine. En effet plus d’un millier d’espèces végétales marines macroscopiques sont signalées en Méditerranée.
L’endémisme est une des principales caractéristiques de la faune et de la flore marine en Méditerranée où 20% des espèces d’algues recensées sont endémiques.

Le rôle de ces espèces dans le maintien de l'équilibre des écosystèmes marins est primordial. Les conséquences directes et indirectes de leur régression sont multiples tant sur le plan écologique qu'économique (production primaire, frayères, nurseries, stabilité des
côtes, etc.).

Le comblement d’espaces marins ou lagunaires, le grossissement des plages ainsi que les divers ouvrages entrepris sur la côte (ports, marinas...) entraînent une dégradation des fois irréversible des herbiers. Dans les zones marines affectées par la pollution on enregistre souvent soit la disparition totale des peuplements végétaux soit la prolifération excessive de seulement une ou de quelques espèces; il s’ensuit donc une érosion de la diversité biologique.

L’élaboration et la mise en œuvre de Plans d’action pour la conservation d’une espèce ou d’un groupe d’espèces est un moyen efficace pour guider, coordonner et renforcer les efforts des pays méditerranéens pour la sauvegarde du patrimoine naturel de la région. Ainsi le Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Mer Méditerranée fait partie d’une série de Plans d'action, adoptés par les pays méditerranéens, dans le cadre de la Convention de Barcelone et, consacrés à la conservation d'espèces ou groupes d'espèces.

Préparation et adoption du Plan d’action

Ce Plan d’action est le résultat d’une série d’initiatives, au niveau régional, qui ont mis l’accent sur la conservation des espèces en général et de la végétation marine en particulier. Parmi ces initiatives, il y a lieu de citer l’élaboration du " Livre Rouge, Gérard Vuignier, des végétaux, peuplements et paysages menaces de Méditerranée " des végétaux, peuplements et paysages menacés de Méditerranée, paru en 1990. Des spécialistes, de plusieurs pays de la région, y ont collaboré pour fournir une première synthèse des connaissances sur le statut des principales espèces végétales menacées en Méditerranée.


En 1996 les Annexes au Protocol ASP/DB ont été adoptés, dont la liste des espèces en danger ou menacées où figuraient 14 espèces végétales marines. Pour ces espèces le Protocole préconise une série de mesures telles que le suivi scientifique, l’inventaire et la protection notamment à travers le contrôle des activités humaines ainsi que l’élaboration de plans d’action spécifiques.

Lors du séminaire sur la biodiversité marine et côtière organisé par MEDMARAVIS à Alghero (Italie) du 19 au 22 janvier 1995, les participants ont recommandés un certain nombre de critères à considérer dans l’évaluation du statut d’espèces nécessitant une attention particulière. Plusieurs espèces de végétation marine ont été particulièrement identifiées comme rares, en déclin et/ou d’importance écologique en Méditerranée.
Sur la base de ces différentes initiatives et compte tenu du déclin avéré de plusieurs espèces de végétation marine, les Parties contractantes à la Convention de Barcelone, lors de leur dixième réunion ordinaire en novembre 1997 à Tunis (Tunisie), ont invité le CAR/ASP à élaborer un Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Méditerranée.

Le Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Mer Méditerranée a été adopté par la onzième réunion ordinaire des Parties contractantes en octobre 1999.

Evaluation de la mise en œuvre du Plan d’action

Lors de leur treizième réunion ordinaire, les Parties contractantes ont recommandé d’entreprendre une évaluation de la mise en œuvre du Plan d’action et d’établir un rapport à ce sujet en vue de le soumettre à la septième réunion des Points Focaux Nationaux pour les ASP, en 2005 à Séville (Espagne).


L’évaluation devait aider à examiner l’état d’avancement des réalisations prévues par le calendrier du Plan d’action et de proposer, si nécessaire, des recommandations pour réajustement du calendrier en question, ou adoption d’un nouveau calendrier à partir de 2007.

Les principaux documents ayant servi à l’évaluation sont les rapports d’activités du CAR/ASP et les rapports nationaux fournis par les Parties contractantes, enrichis par l’avis et les commentaires des Points Focaux Nationaux pour les ASP, d’une part et des Associés et Partenaires au Plan d’action, d’autre part, qui ont été approchés à travers un questionnaire simple pour sonder leur avis et évaluer leur degré de participation.

Les conclusions de cette évaluation ont été :
A quelques exceptions près, les activités réalisées ou entamées au niveau régional sont généralement conformes au Plan d’action - le CAR/ASP avait effectué toutes les tâches requises en accord avec le calendrier du Plan d’action et ce, en fonction des objectifs et priorités arrêtés.
Toutefois, et malgré les efforts importants déployés par un certain nombre de pays, des retards et insuffisances ont été constatés au niveau national et qui sont dus à diverses contraintes :

  • l’élaboration d’une stratégie de planification intégrée à l’échelle des programmes nationaux;
  • l’engagement politique ;
  • le renforcement de l’intérêt public ;
  • la résolution des conflits d’intérêt entre certains Départements ou Secteurs ;
  • la coordination entre les différentes institutions impliquées ;
  • le renforcement ou la création d’organismes et de personnel travaillant constamment sur les sujets ;
  • la formation de spécialistes en la matière ;
  • le financement ou l’allocation de budget approprié conduisant à la réalisation des actions nécessaires.

Résultant de l’évaluation un nouveau Programme d’activités pour la mise en œuvre du Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Mer Méditerranée a été adopté par la quatorzième réunion des Parties contractantes à la Convention de Barcelone en novembre 2005.

Amendement de l’Annexe II du Protocol ASP/DB

Comme il est prévu par les articles 14 et 16 du Protocole ASP/DB, les Annexes II et III dudit Protocole ont été amendés par la seizième réunion ordinaire des Parties contractantes en novembre 2009 à Marrakech (Maroc).

Suite à ces amendements la liste des espèces végétales marines inscrites à l’Annexe II contenant la liste des espèces en danger ou menacées est la suivante :

Magnoliophyta

  • Cymodocea nodosa
  • Posidonia oceanica
  • Zostera marina
  • Zostera noltii
Chlorophyta

  • Caulerpa ollivieri
Heterokontophyta

  • Cystoseira genus (à l’exception de Cystoseira compressa)
  • Fucus virsoides
  • Gymnogongrus crenulatus
  • Kallymenia spathulata
  • Laminaria rodriguezii
  • Sargassum acinarium
  • Sargassum flavifolium
  • Sargassum hornschuchii
  • Sargassum trichocarpum
  • Sphaerococcus rhizophylloides

Rhodophyta

  • Lithophyllum byssoides (Synon. Lithophyllum lichenoides)
  • Ptilophora mediterranea
  • Schimmelmannia schousboei
  • Tenarea tortuosa
  • Titanoderma ramosissimum (Synon. Goniolithon byssoides)
  • Titanoderma trochanter

Lignes directrices pour les Etudes d’impact

Le Plan d’action pour la conservation de la Végétation marine en Mer Méditerranée doit, par des mesures adaptées (ex. législation), assurer la protection des plantes aquatiques et des formations végétales marines, empêcher leur dégradation et permettre leur maintien dans un état de conservation satisfaisant.

Pour mener à bien cette tâche, il convient d’avoir une meilleure connaissance des herbiers de Méditerranée (ex. caractéristiques, répartition) et des pressions auxquelles ils peuvent être soumis, de façon à tenter, dans un deuxième temps, de réduire ces dernières.
Ceci nécessite les étapes suivantes :

  • la mise en place de législations visant la protection des espèces,
  • la création d’aires spécialement protégées permettant la protection des habitats d’herbiers, et
  • le renforcement des réglementations existantes, notamment en matière d’études d’impacts.

En effet, les études d’impacts visent à réaliser une analyse prospective, lorsqu’un aménagement pouvant porter atteinte au domaine maritime, est envisagé.
Ainsi le CAR/ASP a été chargé d’élaborer des lignes directrices pour la réalisation d’études
d’impacts. Ces lignes directrices sont présentées en trois parties :

  • Les Herbiers de phanérogames marines,
  • Les Etudes d’impact en milieu marin,
  • Les Etudes d’impact en tant qu’outil de conservation des herbiers de phanérogames marines.

Elles visent à :

  • appréhender les caractéristiques principales des herbiers et identifier les principales menaces auxquelles ils sont soumis,
  • préciser l’état actuel de la réglementation sur les études d’impacts en milieu marin,
  • proposer les éléments qu’ils conviendraient de prendre en compte, lors de la réalisation d’une étude d’impact, pour réduire les menaces qui pèsent sur les herbiers et permettre leur conservation.



Lignes directrices pour les Etudes d'impacts sur les herbiers marins

Symposium Méditerranéen sur la Végétation marine

Dans le cadre de la recherche scientifique relative à la végétation marine en Méditerranée le Plan d’action prévoir sous le paragraphe 18 l’organisation régulier (au moins tous les quatre ans) du Symposium Méditerranéen sur la végétation marine et ce en vue de faire le point sur les données scientifiques disponibles.

Associés et Partenaires

Les autorités nationales des Parties contractantes sont responsables de la mise en œuvre du Plan d’action pour la conservation de la végétation. Toutefois, d’autres parties prenantes, comme des organisations internationales et/ou gouvernementales, des laboratoires, et d’autres organisations et organisme concernés sont invités à s’associer à la réalisation du Plan d'action.
Les Parties contractantes peuvent, sur proposition de la réunion des Points Focaux Nationaux pour les ASP, accorder la qualité "d'associé au Plan d'action" aux organisations ou laboratoires qui en font la demande et qui contribuent concrètement à la réalisation d'actions qui facilitent la mise en œuvre du Plan d'action conformément aux priorités identifiées.
Associés:


Pour encourager et récompenser l'application du Plan d'action les Parties contractantes peuvent attribuer, le "Label de partenaire au Plan d'action" à toute organisation ayant à son actif des actions concrètes de nature à contribuer à la sauvegarde de la végétation marine en Méditerranée.
Partenaires:

Répertoire des experts

La CAR/ASP a établi un répertoire d’experts de la végétation marine en Méditerranée qui sera prochainement mise en ligne sur ce site.

Projet MedPosidonia

Suivant la recommandation de la quatorzième réunion ordinaire des Parties contractantes à la Convention de Barcelone concernant l’établissement des inventaires, la cartographie et la mise en place des réseaux de surveillance des herbiers marins, le CAR/ASP a élaboré le Projet MedPosidonia pour quatre pays méditerranéens disposant de vastes herbiers de posidonies sur leurs côtes.

Le projet constitue une première phase pilote qui sera étendue à d’autres régions. Le projet a été développé grâce au soutien financier de la Fondation Total et aux contributions des quatre pays partenaires (Algérie, Libye, Tunisie, Turquie).

Dernière mise à jour : ( 28-05-2010 )